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Pourquoi tant de tempêtes cet hiver ?



L’hiver 2019-2020 a été marqué dans notre région par une succession de dix épisodes tempétueux, avec les tempêtes Hervé (3-4 février), Ciara (9-11 février), Inès (13 février), Dennis (16 février), Bianca (27 février), Jorge (29 février), Léon (1er mars), Karine (2 mars), Myriam (3 mars) et Norberto (5 mars) !


Ces perturbations proviennent d’anomalies de pression, montrant un fort dipôle entre de basses pressions intenses sur le nord de l’Atlantique et de l’Europe (anomalies atteignant -15 à -20 hPa sur le mois) et de hautes pressions intenses de l’Atlantique subtropical (Açores) jusqu’à la Méditerranée (anomalies supérieures à +5 hPa).


Cette configuration, typique d’une structure désignée par les scientifiques « NAO+ » (oscillation nord-atlantique en phase positive) s’accompagne de vents d’ouest/sud-ouest plus forts que la normale sur l’Europe et d’un courant-jet d’altitude plus fort également, illustrant cette période très venteuse et très douce.


L’impact sur le littoral, notamment avec la tempête Ciara, concomitante avec des marées de 108 a été spectaculaire, donnant le sentiment que la mer « sort de son lit ». L’élévation du niveau de la mer résultant du réchauffement climatique ne joue cependant pas dans cet épisode, même si ce sujet est majeur à moyen et long terme.


En revanche, le niveau de la mer varie avec la pression atmosphérique. Lorsque cette dernière diminue localement, l’air appuie moins sur la surface de la mer à l’aplomb et le niveau de l’eau s’élève à cet endroit. Cette élévation est estimée à 1 cm pour chaque hectopascal (hPa) en moins. La hauteur d’eau est donc accrue en situation dépressionnaire (surcote).


Le vent génère, suivant sa direction et sa force, des courants qui peuvent provoquer une accumulation d’eau sur la côte en fonction de la configuration du littoral et de la bathymétrie, produisant une élévation du niveau moyen sur la plage, qui représente environ 15 % de la hauteur des vagues au large (typiquement, de 10 cm à 1,5 m).

Sur le littoral Ouest du département de la Manche, le 11 février 2020, la hauteur d’eau théorique à la pleine mer avec coefficient 108 était de 13,70 mètres, mais la hauteur d’eau a probablement atteint près de 15 mètres avec la surcote et l’effet des vagues.

Notre cordon dunaire, au niveau du golf et du camping, est directement exposé plein ouest et subit de plein fouet les coups de butoir des vagues.


Rien ne permet d’affirmer que ces épisodes vont se multiplier. Entre 1980 et 2018, Météo-France indique qu’on ne distingue aucune tendance climatique significative sur le territoire métropolitain. Et ce, aussi bien en termes de fréquence que d’intensité des tempêtes. On remarque par contre une modulation décennale notable qui concrétise la mobilité propre au système océan-atmosphère. Ainsi, certaines décennies sont naturellement plus tempétueuses que d’autres.

Selon Météo-France, « les études actuelles ne permettent pas de mettre en évidence une tendance future notable sur l’évolution du risque de vent violent lié aux tempêtes. Les projections ne montrent en effet aucune tendance significative de long terme sur la fréquence et l’intensité des tempêtes que ce soit à l’horizon 2050 ou à l’horizon 2100 ».


sources :

Météo France : onze tempêtes sur la France depuis début février !

SciencePost : Climat : vers des tempêtes de plus en plus fréquentes en France ?

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